L’avenir du Padel ? La vision d’ Esprit Padel, club privé à Lyon

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Entretien avec Sébastien Cornet, gérant du club privé d’Esprit Padel à Lyon. 


Quelle est ta vision sur le débat privé / Public dans le Padel ? 

Je te remercie de me poser la question, c’est une question que tout le monde se pose et qu’il est passionnant de mettre sur le tapis. Je suppose que le débat que tu évoques est celui ci: le développement du padel doit-il passer par les structures privées ou les clubs associatifs? C’est en tout cas celui que je vais aborder. Et évidemment il est compliqué d’y répondre clairement. On peut caricaturer les avantages et les inconvénients  des types de structures comme ceci:

 CoutProshopRestaurationCouvertureProf forméHeures d’ouvertureTournoi / AnimationServicesEntretien des terrains
Structures privées++++++++
Clubs associatifs+

On pourra discuter de la réalité de certains points mais c’est au moins ma perception de la situation. Malgré l’asymétrie des deux structures, je ne pense pas que le débat se pose en ces termes là. La structure privée ne vit et ne sera pérenne que si le padel se développe pleinement. Pour cela elle a besoin d’être créative, proposer de nouveaux concepts, rechercher des nouveaux joueurs dans toutes les directions, vers les entreprises, vers les femmes, vers les enfants pour faire découvrir le sport, être réactive à l’égard des joueurs existants.

Pour le club de tennis proposant des terrains de padel, sans évoquer la question de son financement et du prix pour l’utilisateur qui en résulte, le padel est un service “offert” à ses abonnés. Il n’a pas réellement besoin d’aller chercher de nouveaux joueurs, et ne fait donc à proprement parler que peu de développement. D’ailleurs, quand nous recevons à Esprit Padel des clubs ayant ou envisageant d’avoir des terrains, très souvent il n’y a pas de politique padel mis en place, pas de prof formé, pas de personne permettant la création de partie, pas de système de réservation gérant les parties créées.Cette différence est à mon sens fondamental dans l’importance des structures pour le développement du padel. Si le soutien à la masse du tissu associatif peut paraître pertinent, il ne l’est pas pour les raisons évoquées ci dessus. Il est indispensable d’avoir un projet Padel complet.


Les aides obtenues par les clubs publics par rapport aux clubs privés peuvent-elles être considérées comme une concurrence déloyale ? 

Il n’y a à mon sens aucun doute sur ce sujet. Je ne suis pas avocat mais de nombreux textes parlent de cette concurrence déloyale entre entreprise et association (par exemple https://www.deshoulieres-avocats.com/association-et-concurrence-deloyale/


Que peut faire la FFT selon toi Par rapport à la situation actuelle ? 

Beaucoup beaucoup de choses. Donner la priorité des aides pour les constructions de terrain de padel aux associations ayant de vrais projet Padel, dans le développement, avec un prof, des salariés dont l’objectif sera de remplir les terrains de padel. Sans cela, les terrains resteront deserts.Utiliser les structures privées existantes pour former les profs, rassembler les équipes de haut niveau régional ou national, pour des activités auprès de tous les publics proches de la FFT, pour les compétitions officielles (championnat régionaux ou nationaux) en payant les terrains à un tarif permettant à la ligue/FFT et au club de s’y retrouver. Je pense qu’il n’est pas raisonnable de prévoir un budget de plusieurs dizaines de milliers d’euros pour la création de terrains de padel dans les centres de ligue plutôt que d’acheter aux structures privées d’une ligue des centaines d’heure de padel permettant aux ligues de les utiliser comme bon leur semble (rassemblement, championnat, formation, clubs associatif?). Ecouter le retour terrain des structures privées qui sont h24 le nez dans le padel et se servir de leur expérience pour orienter la compétition, les écoles de jeunes, le loisir.

La FFT voit le côté confortable des clubs de tennis qui s’engagent dans le Padel mais doit aussi prendre en compte que cela ne génère pas d’emplois. Les clubs privés sont des créateurs d’emplois (accueil, coach, bar, services annexes).


Une structure publique propose souvent des prix moins chers. Quelles sont les armes du privé pour lutter ? 

D’un coté des prix peu chers…De l’autre, du service (chez Esprit Padel, on propose du yoga, Morgane est notre ostéopathe, et des messages Reiki grace à Alexandra, un peu comme chez Casa Padel), de la restauration, des profs formés, un proshop, des heures d’ouverture étendues et sans contrainte grace aux structures couvertes (on connait tous la problématique du bruit généré par les clubs de padel outdoor (souvent associatifs) pour le voisinage), des terrains entretenus, clim/chauffage pour certains… je pense que tout cela est autant d’arguments pour le privé.

L’avenir du Padel passe t il selon toi par une cohabitation des 2 types de structures ? 

Il est nécessaire de donner accès au padel au maximum de personnes parce que nous avons besoin de faire découvrir ce sport à tout le monde.En revanche penser qu’installer un, deux ou trois terrains est suffisant pour que du monde vienne jouer est une erreur. Il est indispensable d’animer des terrains de padel pour y avoir une réelle activité.La collaboration / cohabitation des deux structures est indispensable, et c’est d’ailleurs ce que nous essayons de faire dans le comité du Rhone.

Jonathan Uzan

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